voix du Nord du 26 mars 2008

Posté par lefenneccgt le 27 mars 2008

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Les délégués CGT craignent une traversée du désert pour Le Fennec

 

Le représentant CGT du personnel, les élus du comité d’établissement et du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail montent au créneau pour exprimer leur inquiétude et leur impatience sur la pérennisation des moyens dévolus au foyer d’accueil pour handicapés Le Fennec de Maubeuge.

 

 

Une crise chasse l’autre au Fennec, situé rue Adolphe-Matha à Maubeuge. Au printemps dernier, l’inquiétude portait sur les financements mis à disposition par le conseil général pour le fonctionnement de cette structure unique (lire ci-contre). Si des assurances ont été obtenues auprès du personnel politique, elles sont cependant subordonnées à un « contrat d’objectifs et de moyens », en résumé une charte qui apporte des garanties de revenus émanant du financeur et mentionne des engagements de l’association qui gère le foyer. Or, à ce jour, constatent Fabrice Preux et ses collègues du CE et du CHSCT, aucun contact n’a été noué entre les partenaires sociaux afin de discuter de ce fameux contrat.

 

Jean-François Lecerf, encore directeur du Fennec pour quelques jours, reconnaît que la situation est « au point mort », évoquant parallèlement « des relations sociales très tendues ». Le même explique aussi cette situation par son départ imminent : «  Je pars à la retraite fin mars, mon successeur arrive début mai et il n’est pas impossible que nous changions de président. Il ne serait pas opportun d’engager des discussions là-dessus. Il faut laisser au nouveau directeur le soin de créer des groupes de travail ».
Pour leur part, les représentants CGT piaffent. Et veulent profiter de ce « contrat d’objectifs et de moyens » pour développer le foyer et non le contenir dans un carcan budgétaire. Ils proposent la création de plusieurs services : un accueil d’urgence structuré, des appartements thérapeutiques, un secteur un peu plus médicalisé pour recevoir des personnes handicapées vieillissantes qui doivent quitter le foyer à partir de soixante ans.

 

Pour donner plus de poids à leur démarche, les représentants CGT ont nommé un expert comptable afin de chiffrer le coût des propositions faites par eux, et pour évaluer aussi les incidences financières d’un contrat de travail un peu particulier (lire ci-dessous). Un rapport reprenant tout ceci a été expédié au vice-président du conseil général chargé des personnes handicapées, avec une large ampliation, jusqu’à Valérie Létard, secrétaire d’État à l’Action sociale. 

  • J.-M.BOUTILLIER

 > Il n’a pas été possible de joindre Jean-Luc Bonnechère, président de l’association.

Un avenant au contrat de travail très avenant

Un cadre du Fennec a bénéficié durant sept ans d’un avenant à son contrat de travail qui fait débat, de même que le licenciement avec indemnités de l’intéressé.

Après recoupements auprès de plusieurs sources internes et externes, voici ce qu’il est possible d’écrire sur ce dossier dont la clôture, décidée par les responsables de l’association, suscite la désapprobation générale.
En octobre 2000, avant l’arrivée de l’actuel directeur, le cadre en question se voit nommé « remplaçant total et permanent du directeur  ». « Une lettre de mission aurait suffi et l’association aurait pu attendre (la prise de fonction du nouveau directeur-NDLR)  », observe-t-on en préambule.
Conséquences pécuniaires et en nature : le salaire de l’intéressé est majoré, une indemnité de logement lui est attribuée pour son domicile personnel, et des « avantages annexes » lui sont consentis, en l’occurrence la prise en charge, toujours pour son domicile personnel, des factures de chauffage, d’eau et d’électricité. « C’est vrai qu’il y avait des points qui allaient au-delà de ce que prévoit la convention collective  », admet-on aujourd’hui. Qu’est-ce qui justifiait ces « avantages annexes » ? « On ne sait pas  », répond-on laconiquement.

Ça chauffe côté facture

Toujours est-il que cette situation a perduré jusqu’au début de cette année, où le cadre a été licencié. Car entre temps le climat social, tendu au Fennec, est passé par là. Deux salariés Cégétistes ont déposé chacun aux prud’hommes un dossier pour « harcèlement moral » à l’encontre de ce membre de la hiérarchie. L’instance a condamné ce dernier dans l’un, a rendu une décision renvoyant les deux parties dos à dos dans l’autre, et les deux affaires sont aujourd’hui en appel. S’en est suivie une période d’arrêt maladie de six mois pour l’intéressé, période durant laquelle il a conservé le téléphone et un ordinateur portables de l’association. « Les factures de téléphone étaient plus importantes que lorsqu’il était en activité », ajoute-t-on au Fennec. Puis est venue se greffer en 2007 cette facture de 700 E de bois de chauffage (réglée à hauteur de 600 E) – après une autre de 100 E en 2006 – et que le cadre avait présenté à la comptabilité du Fennec. «  Ça a été un motif de grosse fâcherie avec lui, cette dépense de confort. Il a voulu abuser », admet-on aujourd’hui au foyer, où l’on chiffre ces « avantages » à « 1 600 E par an », soit un total de 11 200 E.
Et l’épilogue de cette histoire ne passe pas mieux. Reconnu « inapte » par la médecine du travail – il a toutefois retrouvé un emploi ailleurs -, l’intéressé a quitté le foyer en début d’année avec en poche un chèque de 47 000 E pour solde de tout compte. «  Il y avait peut-être d’autres solutions », grince-t-on. L’ordinateur portable, lui, a enfin été rendu la semaine dernière. •

REPÈRES

Le foyer occupationnel novateur Le Fennec,

ainsi qu’il est dénommé, existe depuis 1990. Installé rue Adolphe-Matha à Maubeuge, il possède cette particularité d’accueillir des personnes handicapées ne pouvant aller en Centre d’aide par le travail et qui devraient être placées en hôpital psychiatrique si le Fennec n’existait pas. La structure associative propose soixante-sept places en internat, sept en accueil de jour et emploie cinquante-sept salariés.
Son budget annuel, entièrement pris en charge par le conseil général, se chiffrait à 3,3 M E en 2007. L’inquiétude vient aussi du fait que l’actuel directeur part à la retraite à la fin de ce mois et que son successeur prendra son poste début mai, sans transition donc. Et c’est peu de dire que l’arrivant va trouver au sein de l’association des relations sociales exécrables. Ce sera peut-être l’occasion de rappeler la devise qui a prévalu à l’appellation de la structure, devise extraite de l’oeuvre de Saint-Exupéry :

 « On ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux ».

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